Thomas Hauert

Thomas Hauert 500pxAprès s’être formé à l’académie de Rotterdam, le Suisse Thomas Hauert (°1967) s’installe à Bruxelles en 1991. Il danse pendant trois ans dans la compagnie Rosas d’Anne Teresa De Keersmaeker puis collabore avec Gonnie Heggen, David Zambrano et Pierre Droulers. Après la création du solo Hobokendans (1997), il fonde la compagnie ZOO et initie Cows in Space (1998), une pièce pour cinq danseurs immédiatement couronnée aux Rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis.

Depuis lors, Thomas Hauert a créé avec sa compagnie bruxelloise ZOO plus d’une vingtaine de spectacles dont Jetzt (2000), Verosimile (2002), modify (2004, Prix suisse de la danse 2005), Walking Oscar (2006), Accords (2008), You’ve changed (2010), MONO (2013), le solo (sweet) (bitter) en 2015, inaudible (2016, Prix suisse de la danse 2017) et sa dernière création pour huit danseurs How to proceed (2018). En 2011, il a exploré des constellations plus intimes au travers de duos créés avec la danseuse et chorégraphe catalane Àngels Margarit (From B to B, Prix suisse de la danse 2013) et le chorégraphe et performer américain Scott Heron (Like me more like me, nominé aux Tribute to the Classical Arts Awards 2014 à La Nouvelle-Orléans). L’année suivante, il a créé sa première pièce pour jeune public, Danse étoffée sur musique déguisée, sur les Sonates et interludes pour piano préparé de John Cage.

Ses spectacles ont été montés sur plus de 200 scènes différentes à travers le monde. Le travail de Thomas Hauert se développe d’abord à partir d’une recherche sur le mouvement, avec un intérêt particulier pour une écriture basée sur l’improvisation et explorant la tension entre liberté et contrainte, individu et groupe, ordre et désordre, forme et informe. Sa compagnie est restée très stable dans sa composition, plusieurs des danseurs impliqués dès le départ en faisant encore partie aujourd’hui. Cette situation a permis au chorégraphe de donner à sa recherche sur le mouvement une profondeur rarement rencontrée dans le champ de la danse contemporaine.

La relation à la musique, toute la musique, de la pop à la musique contemporaine en passant par le jazz ou la musique baroque, joue un rôle majeur dans l’œuvre de Thomas Hauert. Il collabore avec des structures comme Bozar, Ars Musica et le Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles, le Concertgebouw à Bruges, l’Opéra de Zurich ou l’Unione musicale à Turin, et est invité en 2012 par l’IRCAM à développer un projet sur les relations entre danse improvisée et composition musicale électronique dans le cadre de leur festival-académie Mani-Feste.

En parallèle à son travail pour ZOO, Thomas Hauert crée encore Hà Mais (2002) avec un groupe de danseurs mozambicains dans le cadre du projet Alma Txina, Milky Way (2000), Lobster Caravan (2004), 12/8 (2007) et Regarding the area between the inseparable (2010) avec des étudiants de l’école bruxelloise P.A.R.T.S, ainsi que Fold and Twine (2006) à la Laban School de Londres. A l’automne 2010, il crée une nouvelle pièce pour le Ballet de Zurich, Il Giornale della necropoli, sur la composition du même nom de Salvatore Sciarrino et avec un décor de l’artiste belge Michaël Borremans. Au printemps 2013, il crée pour la compagnie canadienne Toronto Dance Theatre la pièce Pond Skaters, qui lui vaut d’être nominé aux Dora Awards dans la catégorie « Outstanding Choreography ». En 2014, il crée Notturnino pour la compagnie anglaise de danseurs invalides et non invalides Candoco. Flot sa dernière création pour 22 danseurs du CCN Ballet de Lorrraine a eut sa première en novembre 2018.

Par ailleurs, Thomas Hauert a développé des méthodes d’enseignement reconnues internationalement. En plus d’une collaboration suivie avec P.A.R.T.S à Bruxelles, il donne des workshops dans le monde entier. En 2012-13, il est professeur invité « Valeska Gert » à la Freie Universität de Berlin. En 2013, il est nommé directeur artistique du baccalauréat en danse contemporaine qui a accueilli ses premiers étudiants en septembre 2014 à la Haute Ecole de Théâtre La Manufacture à Lausanne (première formation de danse contemporaine en Suisse au niveau universitaire).

En 2012, Thomas Hauert est invité à participer au projet « Motion Bank » initié par la Forsythe Company pour stimuler la recherche sur la pratique et la pensée chorégraphiques. Dans ce cadre, il collabore avec un groupe d’artistes, de théoriciens et de programmeurs de la Ohio State University à Columbus (USA) pour créer des « online digital scores » visualisant et analysant certains aspects de son travail. Les résultats sont rendus publics en novembre 2013 sur le site www.motionbank.org.

Thomas Hauert est “artiste en compagnonnage” (2018-2022) au Théâtre de Liège et artiste en résidence au théâtre des Tanneurs

>> Zoo